Noise pollution

Publié le par P.A.K.O.

Après l’euphorie de la sortie du 45 T, Soggy s’attela à la Phase II de son plan de conquête de l’univers.

Les tournées avaient logiquement surtout touché le Nord, l’Est et Paris, le but allait être d’étendre cette aire naturelle à des paysages plus exotiques de l’Ouest et du Sud de la France. Et justement l’été arrivait ! La décision fut prise d’organiser une « tournée des plages » histoire de débusquer les fans entre deux applications d’huile de vidange (les rockers DETESTENT la crème à bronzer)

Mais la ligne téléphonique « magique » avait soudain disparue et en ces temps de téléphone à prix exorbitant (la France était divisée en zones, plus c’était loin plus c’était cher…) ce facteur ne facilitait pas la tâche pour débusquer les salles susceptibles d’accueillir le groupe.

Soggy restait dans sa logique de communication et décida d’appuyer la tournée par une nouvelle pub dans Best, cet élément devait aussi aider à débloquer plus facilement des dates.


Soggy-pubs.jpg 

En changeant de statut, de groupe amateur à semi-professionnel ; Soggy augmentait aussi ses frais (matos et camion à amortir, pubs à payer) et son tarif pour se produire qui avoisinait les 4 à 5000 FF ce qui le mettait en concurrence carrément avec certains groupes pros français ou anglais qui pouvaient casser les prix grâce aux tour-support de leur maison de disque.

Finalement la tournée allait se réduire à 4 petites dates sur le littoral atlantique, et les premières tensions et frustrations apparurent et commencèrent à casser l’ambiance au sein du groupe.

Pourtant artistiquement le groupe approchait les sommets, le répertoire était bien articulé autour des titres du 45 t, d’I Wanna Be Your Dog pour faire frissonner le public et des autres titres incontournables qui avaient émergé entre tempsI Feel Top of the World, Cursed Boy, Lay Down a Lot ou Down the Shops qui figurent sur l’album à venir – Beb avait discipliné son jeu de scène pour le rendre encore plus percutant et efficace, Eric crachait les riffs et les solos sans discontinuer, François et Olivier érigeaient une barrière de son infranchissable. Les compos avaient gagné en maturité, en richesse sans perdre l’urgence et l’agressivité urbaine, ceux qui ont vu Soggy a cette période ont gardé la mémoire du groupe en vie car c’était une vraie claque, une bombe qui débarquait dans les coins les plus reculés pour faire vivre la croix du rock’n’roll.


  Beb et Eric "feel top of the world"

drummer---bassman.jpg  François et Olivier "let's go together"

Soggy en tournée c’était un mélange de Horde Sauvage et de Freak Brothers, tout le monde entassé dans le camion et dans la DS break que Norbert continuait de prêter au groupe avant qu’Olivier ne finisse par la racheter.

Une bande de mecs qui déliraient et se chambraient en permanence, du rock bien sûr à fond la caisse dans les autos radios cassette, des canettes de bière à portée de main, quelques cônes mal roulés pour les plus arrangés, des gonzesses à choper pour les plus audacieux, du lait de chèvre demandé à des fermiers ébahis pour les plus sains et vigoureux…

Cuirs cloutés, ‘tiags râpées, cheveux et barbes au vent, jeans déchirés de quoi faire frémir dans cette France qui venait de porter des socialo communistes au pouvoir à l’insu de sa bonne foi.

Après le flop de juillet, août sera calme également avec une seule apparition à une concentre de bikers où jouait également Bijou.

Cet été meurtrier après les énormes promesses du printemps laissera des traces qui seront les stigmates de la séparation qui allait intervenir un an après.

L’automne verra quand même Soggy de nouveau sur les routes de façon intensive avec des concerts dans sa zone d’influence de l’Est et du Nord.

La volonté de trouver un second guitariste restait d’actualité après l’échec de Koso, et c’est Allan qui sera choisi pour ses qualités musicales même si son look de départ n’était pas au diapason du reste du groupe. Eric vivra assez mal cette nouvelle tentative de lui adjoindre un guitariste rythmique.


stage-w-5.jpg  A 5 avec Allan

Silvertrain groupe de hard pro qui « montait » alors contacta Soggy pour jouer sur Reims et faire affiche commune pour une sorte de mini festival, le groupe d’abord réticent se laissera finalement tenter se disant que Silvertrain qui jouait fréquemment en Allemagne – terre bénie du hard, des blondes et du Deutsche Mark (= 3 FF)- pourrait leur apporter d’autre possibilités de 1eres parties.

Comme souvent ces calculs intéressés de part et d’autre débouchèrent sur un fiasco, la date du 13 novembre au Chemin Vert ne fera pas le plein et les chiens à foie jaune de Silvertrain essayeront même de débaucher Eric à leur profit…

Il était dit que Soggy jouerait bien aux 4 coins de l’hexagone, Patrick Maille, un vieil ami du groupe occupait sa servitude militaire à distraire nos forces cantonnées près de la belle bleue ; il trouva prestement un budget pour plusieurs concerts devant les braves trouffions nous protégeant des invasions des soviéto-musulmans en Méditerranée.


on-the-beach.jpg 
Soggy, échoués sur la plage ?

Un concert à Lyon viendra conclure cette ultime percée vers le Sud, entre temps c’est François « Truman » Alvarez qui a été atteint par le découragement et happé par les démons de la nuit, si bien que de réunions en mise au point il finit à son tour par jeter l’éponge.

Soggy ne le sait pas encore mais l’orage a éclaté et les grêlons qui tombent portent la destruction du groupe, ce n’est pas une pluie fertile qui arrose le sol mais une averse acide et corrosive qui va raviner des promesses à jamais perdues…sauf que…le 7 avril 2008 ce sera retour vers le futur !

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