Répète !

Publié le par P.A.K.O.

Nous sommes en 78 et Beb et ses acolytes se donnent le nom de Soggy, mot peu usité signifiant « atmosphère lourde avant l’orage ».
Ils investissent aussitôt l’ex salle de répet’ de Women Bleed et se mettent au travail, avec toutes les difficultés qu’il y a pour 4 mecs de 20 balais pour être assidus à un effort aussi palpitant qu’ingrat. Dehors il y a les potes, les gonzesses, des bons demis bien frais et quantité de sujets attirants.
Alors que la c’est : 1,2,3 on reprends après le solo…fait chier t’est pas dans le rythme…et autres joyeusetés propres à la mise en place de morceaux.
Conscients que la maîtrise de standards serait une aide pour pouvoir ensuite miser sur des compos réellement percutantes, Soggy ne se défendit jamais de faire des reprises, et quelles reprises !
-          I wanna Be Your Dog dont ils firent au fil du temps une des reprises les plus proches de l’esprit de l’original
-          Louie Louie LE standard garage repris par tous
-          No Fun pour la rencontre Stooges/Pistols
-          Sick Things un des grands morceaux de cette bonne vieille Alice (heu Cooper pas la gamine avec les lapins, ni celle au fume cigarette)
-          Symptom of the Universe de Sabbath, mais dur, dur…
-          High School de Fred « Sonic » Smith et les Motor City 5
 
Après pas mal de sueur, un peu de bière, de jus de tomate et de lait de chèvre, quelques coups de gueule et surtout des fous rires, l’alchimie commença à se mettre en place. Mais le but de Soggy ne sera pas de faire des concours de solfège ou de dextérité instrumentale avec les autres groupes rémois trop souvent englués dans leurs complexes de perfectionalisme musical.
Non !  Ce qui importe à Soggy c’est d’utiliser la formidable énergie née de leur rencontre pour se ruer sur scène, terrain de jeu naturel de la gestuelle extravertie de Beb qui « chante » avec l’ensemble de son corps, qui éructe à la face des spectateurs son mépris des mous, des avachis, des suiveurs : NOUS SOMMES DES GARS SAINS ET VIGOUREUX…harangue Bebsienne qui signifie que le corps n’est pas là pour être souillé, que c’est un don de la nature, un véhicule de nos passions et de nos potentialités.
Pour aller plus loin, pour pouvoir chercher des scènes où se produire, Soggy commença à se structurer avec l’arrivée de Norbert « manager » Prunier. Entre temps Packa, fidèle des fidèles ; était devenu roadie/lightshow/sécu. Quatre zicos + un homme orchestre + un manager, la « Bande à Soggy » était aussi en train de se constituer…
Les 1eres compos du groupe ne resteront pour la plupart pas au répertoire, mais le style Hard/punk/glam qui caractérisera Soggy commence bien à se mettre en place.
Voici (telle que conservée par Beb himself) la liste des titres joués par le groupe lors de son PREMIER CONCERT au Chemin Vert avec Chrysys en guest.
Intro/Impro
Leaving
Speed Hog Killer
Epilepsy
No Fun
I.W.B.Y.D
Gimme commotion
Madness
Satan
I’m broke
De tous ces titres (à part les reprises) seul Speed Hog Killer survivra au répertoire, les autres s’effaçant naturellement au profit de nouvelles compos plus pêchues et pertinentes, d’autres titres des débuts ne verront pas la scène tels Lunatic Asylum ou Returning Arrow.
Toujours dans l’optique d’être le plus indépendants possible, de pouvoir jouer partout où c’est possible en ayant un son à la hauteur de la PUISSANCE de leur music, les membres de Soggy décidèrent d’unir leurs finances et d’acheter une sono professionnelle ! Ce sera fait au Salon de la Musique 79 avec l’acquisition d’une sono Peavey et ce sera l’occasion d’étoffer l’équipe technique avec l’arrivée d’Eric « Gilbert » Detroux en tant que sonorisateur.
L’automne 79 est riche en évènements, en montée en puissance, en début de notoriété locale, , c’est aussi le moment que Norbert drapé dans son manteau en peau de loup, tel un cosaque des steppes rémoises, un boyard champardenais, décide de pousser le groupe à faire ses premiers pas en studio.
Là aussi l’offre est des plus restreinte, heureusement Philippe Bulot a eu la bonne idée de créer le Studio Leslie à Reims et c’est là que s’effectueront les premières prises de l’énergie rauque et pesante de Soggy.
Parmi les morceaux enregistrés lors de cette session, figure en bonne place une version de 47 Chromosomes future face B du mythique 45T Wating for the War/47 Chromosomes.
C’est ce titre que vous pouvez découvrir aujourd’hui avec en prime un montage de photos « live » du groupe et de sujets illustrant le propos de la chanson :
46 chromosomes baby you’re normal
48 chromosomes baby you’re an animal
Nothing of that concerns me
cos' I stand in the middle
Le titre est inspire du Mongoloïd de Devö sur lequel flashaient Olivier et François « truman » Alvarez barrés qu’ils étaient dans une vision Adrienne d’un monde rempli d’oumlaouts.
Voilà 30 ans (10 fois Alvin) après cette version brute d’un des titres phares de Soggy qui portera bientôt le feu du rock heavy/garage dans l’hexagone et alentours à l’aube des années 80 et du règne de la duplicité miterrandienne.


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