Début 82 la flamme de Soggy commencé à manquer d’oxygène, la
combustion est ralentie. Le groupe s’obstine surtout dans la recherche d’une formule idéale et c’est un nouveau guitariste rythmique qui est testé en la personne de Mac Lord.
Mac à l’aisance d’Allan pour la gratte et le look de Koso pour la scène, c’est des répets avec Mac que proviennent les 2 derniers titres figurant sur l’album : Let’s go together et surtout
l’épatant Lost my brain qui se révèlera être un des titres les plus aboutis, les plus puissants joués par Soggy.
Mac un
look d'enfer !
Sans le savoir le but artistique était atteint, libéré par le soutien en acier trempé de Mac, Eric va produire ses solos les plus échevelés, les plus aiguisés.
Toutes les énergies libérées par Soggy vont malheureusement
finir par se retourner contre le groupe, l’abondance de personnes gravitant autour du groupe a fini par créer des clans, des jalousies et surtout un climat de complot et de médisances
permanent.
Le groupe jouera un concert à Bruges dans un mini festival en avril, l’accueil du public est fabuleux et les
chroniques parues après le concert seront excellentes…mais c’est bien un chant du cygne, une bombe à fragmentation fini par exploser : Eric quitte le groupe…
Privé d’un de ses membres fondateurs et emblématiques, Soggy
continue de répéter avec une conviction en berne, les répets « live » du début on cédé la place à un travail plus – trop – pro, on parle technique, on bosse les chœurs, on chiade les
compos, mais la pêche s’estompe, le feeling se bride. Ce danger de perte d’identité, de perte de l’âme, touche inconsciemment les musiciens et aux termes de quelques accrochages entre
Beb et Olivier, c’est le SPLIT en
juillet 1982.
…6 Coupes du Monde de Football après, soit presque 30 ans, et ce sera Julien du webzine rémois ReimsPunknRoll qui mettra Olivier sur la trace du label Mémoire Neuve. Spécialisé dans l’édition d’inédits de
groupes français des années 80 en VYNIL, le label se révèlera vite intéressé et Olivier
commencera à réunir les bandes issues des différentes sessions, lives, répets. Et à recontacter les autres membres du groupe pour leur parler du projet, c’est en cherchant à joindre François « bassman » Tailleur qu’Olivier et toute la bande apprirent la maladie et peu de
temps après le décès de leur bassiste.
Que reste-t-il de Soggy ? Une aventure pleine d’humanité,
avec des mecs attachants qui ont réussi à dépasser leurs rêves sans les renier, sans les oublier. Le cuir toujours collé à la peau, la pointe des
santiags prête à jaillir des godasses de ville, des notes de rock comme autant de globules rouges dans les veines, et toujours, toujours, ce plaisir
à s’éclater sur un bon riff.
La musique qu’ils ont fait ensemble, justement, est maintenant regroupée sur l’album Soggy – Soggy (1st album) à l’ancienne, avec une sélection de titres remasterisés qui vous feront découvrir intacte la rage brute des 4 membres de
Soggy, une aventure des années 80 qui connaît un épilogue inattendu et finalement cocasse…et toutes les bandes – les live en particulier –
n’ont pas été utilisées…
Après l’euphorie de la sortie du 45 T,Soggys’attela à la Phase II de son plan de conquête de l’univers.
Les tournées avaient logiquement surtout touché le Nord, l’Est et Paris, le but allait
être d’étendre cette aire naturelle à des paysages plus exotiques de l’Ouest et du Sud de la France. Et justement l’été arrivait ! La décision fut prise d’organiser une « tournée des
plages » histoire de débusquer les fans entre deux applications d’huile de vidange (les rockers DETESTENT la crème à bronzer)
Mais la ligne téléphonique « magique » avait soudain disparue et en ces temps de
téléphone à prix exorbitant (la France était divisée en zones, plus c’était loin plus c’était cher…) ce facteur ne facilitait pas la tâche pour débusquer les salles susceptibles d’accueillir le
groupe.
Soggyrestait dans sa logique de
communication et décida d’appuyer la tournée par une nouvelle pub dans Best, cet élément devait aussi aider à débloquer plus facilement des dates.
En changeant de statut, de groupe amateur à semi-professionnel ;Soggyaugmentait aussi ses frais (matos
et camion à amortir, pubs à payer) et son tarif pour se produire qui avoisinait les 4 à 5000 FF ce qui le mettait en concurrence carrément avec certains groupes pros français ou anglais qui
pouvaient casser les prix grâce aux tour-support de leur maison de disque.
Finalement la tournée allait se réduire à 4 petites dates sur le littoral atlantique, et
les premières tensions et frustrations apparurent et commencèrent à casser l’ambiance au sein du groupe.
Pourtant artistiquement le groupe approchait les sommets, le
répertoire était bien articulé autour des titres du 45 t, d’I Wanna Be Your Dog pour faire frissonner le public et des autres titres incontournables qui avaient émergé entre temps –
I Feel Top of the World, Cursed Boy, Lay Down a Lot ou Down the Shopsqui figurent sur l’album à venir –Bebavait discipliné son jeu de scène pour le rendre encore plus percutant et efficace,Ericcrachait les riffs et
les solos sans discontinuer,François et Olivierérigeaient une barrière de son infranchissable. Les compos avaient gagné en
maturité, en richesse sans perdre l’urgence et l’agressivité urbaine, ceux qui ont vuSoggya cette période ont gardé la mémoire du groupe en
vie car c’était une vraie claque, une bombe qui débarquait dans les coins les plus reculés pour faire vivre la croix du rock’n’roll.
Beb et Eric "feel top of the world"
François
et Olivier "let's go together"
Soggyen tournée c’était un mélange de Horde Sauvage et de Freak Brothers, tout le monde entassé dans le camion et dans la DS break queNorbertcontinuait de prêter au groupe avant qu’Olivierne finisse par la racheter.
Une bande de mecs qui déliraient et se chambraient en permanence, du rock bien sûr à fond
la caisse dans les autos radios cassette, des canettes de bière à portée de main, quelques cônes mal roulés pour les plus arrangés, des gonzesses à choper pour les plus audacieux, du lait de
chèvre demandé à des fermiers ébahis pour les plus sains et vigoureux…
Cuirs cloutés, ‘tiags râpées, cheveux et barbes au vent, jeans déchirés de quoi faire
frémir dans cette France qui venait de porter des socialo communistes au pouvoir à l’insu de sa bonne foi.
Après le flop de juillet, août sera calme également avec une
seule apparition à une concentre de bikers où jouait égalementBijou.
Cet été meurtrier après les énormes promesses du printemps laissera des traces qui seront
les stigmates de la séparation qui allait intervenir un an après.
L’automne verra quand mêmeSoggyde nouveau sur les routes de façon intensive avec des concerts dans sa zone d’influence de l’Est et du Nord.
La volonté de trouver un second guitariste restait
d’actualité après l’échec deKoso, et c’estAllanqui sera choisi pour ses qualités
musicales même si son look de départ n’était pas au diapason du reste du groupe.Ericvivra assez mal cette nouvelle tentative de lui
adjoindre un guitariste rythmique.
A 5 avec Allan
Silvertraingroupe de hard pro qui « montait » alors contactaSoggypour jouer sur
Reims et faire affiche commune pour une sorte de mini festival, le groupe d’abord réticent se laissera finalement tenter se disant queSilvertrainqui jouait fréquemment en Allemagne – terre bénie du hard, des blondes et du Deutsche Mark (= 3 FF)- pourrait leur apporter d’autre possibilités de 1eres
parties.
Comme souvent ces calculs intéressés de part et d’autre
débouchèrent sur un fiasco, la date du 13 novembre au Chemin Vert ne fera pas le plein et les chiens à foie jaune deSilvertrainessayeront
même de débaucherEricà leur profit…
Il était dit queSoggyjouerait bien aux 4 coins de l’hexagone,Patrick Maille, un vieil ami du groupe occupait sa servitude militaire à distraire
nos forces cantonnées près de la belle bleue ; il trouva prestement un budget pour plusieurs concerts devant les bravestrouffions nous protégeant des
invasions des soviéto-musulmans en Méditerranée.
Soggy, échoués sur la plage ?
Un concert à Lyon viendra conclure cette ultime percée vers le Sud, entre temps c’estFrançois « Truman » Alvarezqui a été atteint par le découragement et happé par les démons de la nuit, si bien que de réunions en mise au point il finit à son tour par jeter l’éponge.
Soggyne le sait pas
encore mais l’orage a éclaté et les grêlons qui tombent portent la destruction du groupe, ce n’est pas une pluie fertile qui arrose le sol mais une averse acide et corrosive qui va raviner des
promesses à jamais perdues…sauf que…le7 avril 2008ce sera retour vers le futur !
Boum les pneus crevés, tout s’arrête, le Beb la cheville en miette, pas question de scène avant un bon bout de
temps…
Alors que fait Soggy à l’arrêt forcé ? Tout sauf de l’inaction, au contraire cette période supposée calme va voir
les évènements se précipiter et s’entremêler.
Le groupe part déjà d’un constat sur ses prestations scéniques, le rôle et le tranchant des solos d’Eric, sa
participation au jeu de scène, font que la rythmique est forcément moindre. Or pour en mettre plein la gueule au public il faut une rythmique implacable, qui érige un véritable mur du son, un
support indéfectible pour laisser s’exprimer Beb et Eric.
La décision est prise d’auditionner des guitaristes rythmiques, mais attention ! Il faut aussi que le gars aie le LOOK et l’ESPRIT SOGGY…tâche difficile dont Koso est le seul à se
sortir.
Voici le groupe en repèt à 5 pour la 1ere fois, avec un Beb pour une fois sage et qui peut se concentrer sur son
chant, vu qu’il est cloué sur place.
Mais Soggy, c’est pas fait pour la quiétude ! Voici qu’une autre surprise se présente, malgré ses indéniables
résultats, Norbert n’affiche plus le feu sacré, les rapports au sein du groupe se tendent et la décision est finalement prise de changer de
manager.
Un autre complice de longue date de la bande sera choisi pour booster le groupe le plus haut possible, François « truman »
Alvarez..
Mais les surprises ne font que commencer, c’est soudain la providence qui va décider de s’en mêler.
Le groupe a tellement concentré son énergie sur les tournées que l’aspect disque n’a pas été vraiment abordé, à fond dans sa logique d’auto production et persuadé
que ses ambitions et son refus de « chanter en français » le coupent irrémédiablement du show biz franchouillard et des ses Trusteries, Soggy n’a pas prévu d’enregistrement « commercialisable » ses sessions en studio servent principalement de carte de visite qui peuvent être envoyés aux
différents organisateurs.
Soudain la donne change, une généreuse donatrice fan du groupe réalise un gain substantiel au Loto et offre une partie de cette manne au groupe pour réaliser un 45
T.
Comme souvent dans des périodes euphoriques les opportunités et les rencontres s’enchaînent, partis à Paris voir un concert au Palace – ah, ce croisement entre le
public rock/punk et les clubbers à la sortie des concerts – Olivier et François « manager
II » tombent sur un fanzine distribué gratuitement à la sortie des concerts : Gig, ce fanzine a pour projet de distribuer des 45 T ou des EP avec le magazine et de
fonder une sorte de label sans trop de moyens financiers.
L’idée pour Soggy sera de bénéficier de la diffusion de Gig pour accroitre la promo autour de la sortie du 45T, Soggy
a toujours suscité de nombreux articles de presse par son approche rentre dedans, sa grinta un peu hâbleuse et le bouche à oreille autour de ses prestations. Best la bible du rock d’alors leur
avait consacré un article et la presse régionale les suivait régulièrement, à Reims ils agaçaient la concurrence avec leur omniprésence dans l’Union et les magazines locaux.
Des sous, un label, il reste à trouver les titres à enregistrer et où les enregistrer, le studio.
Pour les titres Waiting for the War et 47 Chromosoms se détachent assez
nettement du répertoire du moment, même si l’excellentissime Cellulitis is the Top of the Shapeless Bodies n’est pas loin.
Pour le studio, si Leslie était parfait pour des démos, son équipement d’alors ne permets pas l’enregistrement dans un but de pressage et de diffusion, en plus
Soggy qui s’est donné les moyens d’avoir un son de scène irréprochable, entends ne pas décevoir sur disque avec un son « cheap », il faut
les moyens vingdiou !
C’est finalement Eric et François « manager II » qui
trouvèrent dans un coin de Belleville, le Studio Florida. Le groupe décida de réserver pour une session d’une nuit complète pour rester concentrés et enregistrer dans des conditions les plus
proches possible du « live ».
Et le 21 avril 1981 le camtar de Soggy godille sur les pavés de Belleville et vomit le mathos des musiciens devant la
porte du studio. En plus des 4 musiciens, Koso pas encore au point ne participe pas à la session ; son présents François « truman » Alvarez et un nouveau venu Thierry « driver » Gendarme qui ne tardera pas à devenir
Tour Manager.
ZZooouuu une nuit blanche et les 2 titres, joués, joués, répétés, sus sur le bout des doigts, sont dans la boîte, un magnifique cylindre métallique contenant la
bande 24 pistes.
Entre temps Soggy avait rencontré celui qui sera son photographe « officiel » Michel « bougecoco »
Jolyot qui avait pris à New York les dernières photos furtives de John Lennon avant son shooting, Michel réalisera les photos de la
pochette du 45 T et plus tard celle de l’affiche de tournée ainsi que de nombreuses photos de scène et privées de membres du groupe.
La photo originale du
verso de la pochette du 45 T
Une fois encore Soggy va innover, pas question de sortir un disque sans promo et comme les gars de Gig ne semblent
finalement pas exagérément fiables, le groupe se tourne vers ce qu’il sait le mieux faire, le « do-it-yourself » et décide de se payer carrément UNE PLEINE PAGE DE PUB DANS
BEST pour la sortie du 45 T, du jamais vu pour un groupe autoproduit et une idée qui fera beaucoup pour le retentissement national du groupe et le souvenir
qu’il laissera dans le temps.
Beb est remis, le gars est solide, il a cartonné du string à mort et est de nouveau en pleine possession de ses
moyens, les concerts peuvent enfin reprendre.
Mi mai est enregistré sur FR3 Reims, pour Hebdo + de Jean Etienne Frère ; un passage de Cairn et de Soggy les 2 groupes emblématiques de la ville. Les techniciens sont tellement circonspects devant
« comment capter cette débauche scénique » qu’ils balancent un fond de couleurs kaleïdoscipo-psychédéliques et chargent une vidéo qui là aussi fera date.
Waiting for the War est diffusé le 23 mai (un samedi) alors que Soggy
joue à Vitry le François avec Epsylon un des tous meilleurs groupes régionaux d’alors (le parcours de Fred « 51’s » Rochette en témoigne)
La sortie du 45 T est différée plusieurs fois, la participation de Gig se révélant de plus en plus symbolique ; et il arrive finalement dans les bacs mi juin,
le groupe jouant le 12 dans une salle des Cordeliers archi bondée de plus de 400 fans, Soggy n’ayant pas joué à Reims depuis plus d’un an.
Articles
dythirambiques de la presse avant le concert des Cordeliers
Aidé par l’enthousiasme des vendeurs de La Clé de Sol, le 45 T se classe 5ème des ventes de ce qui est
alors le plus gros disquaire indépendant de France, parallèlement François « manager II » Alvarez à rencontré Patrick Mahé de New Rose qui
a accepté de distribuer le 45 T dans sa mythique boutique parisienne. Patrick qui vient de créer son label est tenté de signer Soggy, mais il est
trop tôt, le risque est trop important pour lui et il souhaiterai (encore un !) que le groupe chante en français…moyennant quoi Soggy aurait pu
être la seconde signature du label après les Saints !
Soggy est alors sur une phase ascendante qui doit les mener vers une reconnaissance nationale et plus encore, après la
Suisse des contacts arrivent de Belgique, et une tournée commence à se monter pour l’été pour capitaliser sur la sortie du single et sur l’impact de la pub – des courriers de fans arrivent de
toute la France – mais le succès va vite avoir des revers.
Soggy ne le sait pas encore mais il atteint déjà son zénith, le prochain épisode sera celui des égos qui enflent et
des premières dissensions tous azimuths
La "galaxie" générée par Soggy attrappa dans son sillage toute une troupe de mecs fondus de rock, vivants tous sur une planète proche de Wayne's Worls et autres
Spinal Tap.
Ils parlaient le Soggy (langage codé calqué sur celui du Beb) étaient affublés de looks cuirs, jeans pouraves, cheveux aux épaules...l'archétype des fans de rock de l'époque. Leur insertion dans la
société se limitait à peu de choses, ce qu'ils voulaient ? Vivre le rock'n'roll à fond, sans limite, créer leur propre systéme de valeurs : sexe & beer & rock'n'roll
Tous ces potes ont contribué à leur manière à l'aventure Soggy et plus largement au retentissement du groupe dont ils étaient les premiers fans
Pascal "packa" Poudras : light show, road, produits vitaminés Eric "gilbert" Detroux : sono Alain "keith/lemmy" Blin : road en chef, it's only rock'n'roll Patrick "punky"Maillot : road batterie, café & clopes Frank "frankie" Somon : driver Satanas : road Thierry "cop driver" Gendarme : driver, tour manager Michel "himmler" Jovanovic : road Patrick "Grand Con" Eloi : driver, road, mélanges Babou "celui dont on ne prononce pas le nom" Eloi : road, mélanges Soggyman : fan, road
Sur cette photo on peut reconnaitre de haut en bas et de gauche à droite : Alain Blin, Packa, Satanas, Punky
Thierry Gendarme, Gilbert, François Tailleur, François Alvarez, Eric, Olivier, Beb
La terrible équipe qui arriva en finale de la Coupe du Monde des Groupes d'Arrangés du Rock'n'Roll Debouts : Punky, Beb, GC Eloi, Gilbert, Babou
Accroupis : Thierry, Alain, Norbert, Olivier
Après le succès encourageant du 1er concert le 23 novembre 79, c’est une période de tournées intense qui va s’ouvrir pour le
groupe.
La structuration se poursuit avec l’ouverture d’un bureau, bénéficiant d’une ligne « gratuite » par les bons soins de Gilbert Detroux ; où la tchatche de Norbert n’aura de cesse de convaincre pour permettre au groupe de se produire dans des conditions
honorables.
En plus de l’acquisition d’une sono, Packa avait investi dans quelques projos et le groupe déniché un vieux camtar censé
transporté le matos et l’équipe technique naissante, le groupe prenant place dans la seyante DS break grenat de Norbert.
Ces moyens et l’aura naissante du groupe a fédéré toute une clique de dingues de rock, potes anciens ou récents, qui viennent apporter leur
contribution à la bonne marche du groupe, les musiciens peuvent se concentrer sur la musique, derrière ça suit !
La fameuse « bande à Sogy » se compose au départ de : Eric « Gilbert »
Detroux à la sono, Packa au lights, Alain « keith » Blin roadie no1, Frankie « frankie »
Somon driver, Patrick « punky » Maillot road batterie. Et la participation de Satanas, Michel
« himmler » Jovanovic…
Tout est prêt et ça s’enchaîne grave avec le Golf Drouot dès janvier 80, ou le sémillant Henri Leproux fera cette étrange confidence « si vous chantiez en français, vous
signeriez tout de suite »…
Le début d’année 80 voit le groupe jouer 3 à 4 fois par mois principalement dans la région Champagne-Ardenne jusqu’au 28 juin ou le groupe est invité à
la Fête du PC (qui a conquis la Mairie de Reims) pour jouer en 1ere partie de Silverchair
Ce jour là Soggy va passer en un éclat de tesson de bouteille du statut de groupe au rock énergique, à celui de bande de dingues, de GROUPE DANGEREUX et EXTREME, on saura alors qu’un concert de Soggy n’est pas un set
banal mais une expérience live ultime ou les musiciens n’hésitant pas à mettre en jeu leur intégrité corporelle.
LèBeb bien chaud à la fin du set décide de « s’ouvrir » un peu et d’offrir
son sang pour que demain l’astre de lumière puisse luire à nouveau…hélas les pompiers présents sur place essayent de ceinturer le phénomène et de l’extraire de scène ! On est en plein let it
bleed !
L’été se passe sans encombres, surtout en répet’ pour continuer à aiguiser le répertoire ; et hop ça repart, tout le monde dans le
camion.
Sauf qu’un des concerts de l’automne à lieu dans la funeste cité d’Haubourdin et ce s’ra pas franchement « bienv’nus chez les
cht’is »
Le concert se passe correct mais en repartant le camion se fait attaquer par une quinzaines de babanes en mob (les belles bleues à la Lucien)
Olivier qui est devant en voiture claque la marche arrière et sort quelque peu inconsciemment au devant des agresseurs, bing, bam, boum,
il commence à se prendre une bonnes rouste et se retrouve vite en sang à terre ! Surgit Satanas au volant de sa guinde et c’est « babane-vole » le
gars se retrouve projeté au sol. La cavalerie arrive après l’attaque pour disperser tout le monde. Et Olivier se réveillera à l’hôpital…en face d’un gars bien
amoché : son agresseur !
Les concerts continuent intensément avec le 13 ( !) novembre un concert anodin à Crest qui débouchera ensuite sur un imbroglio
grandiose…
Le 20 novembre Soggy joue à Vitry le François et l’équipe dort à même la scène pour partir le lendemain sur Vichy, la scoumoune rattrape Olivier qui se réveille PARALYSE !!
'tain c'est
dangereux la batterie
Il faut tous les soins de Norbert et Beb pour qu’il puisse tenir les baguettes après moult
échauffements, pommades chauffantes…puis le 23 c’est un concert chaud à Lyon ou une partie du public est hostile et cherche des noises au groupe. Bing c’est Beb qui
s’y colle ! Et ça rigole pas ! Il saute dans la foule et tiens la masse de perturbateurs à distance avec quelques katas bien sentis ! Non, mais !
Résultat des courses, Olivier fait un détour à l’hosto pour soigner son étrange paralysie et comme se profile un concert
CRUCIAL au Gibus à Paris, le groupe fait appel à Zaïm Karahoui (batteur de Cairn) pour le remplacer.
Passé cet intermède le groupe repart de plus belle avec en particulier un de ses meilleurs concerts et sa 1ere prestation hors des frontières le 20
décembre à La Chaux de Fonds devant plus de 400 personnes, produit par Yves Mora un vrai fan du groupe.
Et ça enchaîne, ça se déchaîne sur les routes, au point d’arriver à Dunkerque le 22 février 81 bien chauds pour une performance musclée, tellement
chaude et musclée que Beb monte haut, escalade la sono, monte, monte et zzzouff bondi dans la foule…sauf qu’un putain de rebord de scène en pente vient
« couper » son saut et il se pète le pied dès le 1er morceau, ce qui oblige le groupe à tenir un 47 Chromosoms d’une dizaine de minutes, Beb en
rampant, micro dans la bouche, remonte sur scène et arrivera à poursuivre le set pour ensuite aller se débattre avec le corps médical (les pôvres) à l’hosto local
SAUVAGE – WILD – ROCK’N’ROLL QUOI
Beb ? Zen...!!
Ce désagrément entrainera une interruption de quelques mois avec au bout des changements, un 45 T et toujours des aventures
anthologesques
Nous sommes en 78 et Beb et ses acolytes se donnent le nom de
Soggy, mot peu usité signifiant « atmosphère lourde avant l’orage ».
Ils investissent aussitôt l’ex salle de répet’ de Women Bleed et se mettent au travail,
avec toutes les difficultés qu’il y a pour 4 mecs de 20 balais pour être assidus à un effort aussi palpitant qu’ingrat. Dehors il y a les potes, les gonzesses, des bons demis bien frais et
quantité de sujets attirants.
Alors que la c’est : 1,2,3 on reprends après le solo…fait chier t’est pas dans le rythme…et autres joyeusetés propres à la mise en
place de morceaux.
Conscients que la maîtrise de standards serait une aide pour pouvoir ensuite miser sur des compos réellement percutantes,
Soggy ne se défendit jamais de faire des reprises, et quelles reprises !
-I wanna Be Your Dog dont ils firent au fil du temps une des reprises les plus proches de l’esprit de l’original
-Louie Louie LE standard garage repris par tous
-No Fun pour la rencontre Stooges/Pistols
-Sick Things un des grands morceaux de cette bonne vieille Alice (heu Cooper pas la gamine avec les lapins, ni
celle au fume cigarette)
-Symptom of the Universe de Sabbath, mais dur, dur…
-High School de Fred « Sonic » Smith et les Motor City 5
Après pas mal de sueur, un peu de bière, de jus de tomate et de lait de chèvre, quelques coups de gueule et surtout des fous rires,
l’alchimie commença à se mettre en place. Mais le but de Soggy ne sera pas de faire des concours de solfège ou de dextérité instrumentale avec les
autres groupes rémois trop souvent englués dans leurs complexes de perfectionalisme musical.
Non ! Ce qui importe à Soggy c’est d’utiliser la formidable énergie née de
leur rencontre pour se ruer sur scène, terrain de jeu naturel de la gestuelle extravertie de Beb qui « chante » avec l’ensemble de son
corps, qui éructe à la face des spectateurs son mépris des mous, des avachis, des suiveurs : NOUS SOMMES DES GARS SAINS ET VIGOUREUX…harangue Bebsienne qui signifie que le corps n’est pas là pour être souillé, que c’est un don de la nature, un véhicule de nos passions et de nos potentialités.
Pour aller plus loin, pour pouvoir chercher des scènes où se produire, Soggy commença à
se structurer avec l’arrivée de Norbert « manager » Prunier. Entre temps Packa, fidèle des
fidèles ; était devenu roadie/lightshow/sécu. Quatre zicos + un homme orchestre + un manager, la « Bande à Soggy » était aussi en
train de se constituer…
Les 1eres compos du groupe ne resteront pour la plupart pas au répertoire, mais le style Hard/punk/glam qui caractérisera
Soggy commence bien à se mettre en place.
Voici (telle que conservée par Beb himself) la liste des titres joués par le groupe
lors de son PREMIER CONCERT au Chemin Vert avec Chrysys en guest.
Intro/Impro
Leaving
Speed Hog Killer
Epilepsy
No Fun
I.W.B.Y.D
Gimme commotion
Madness
Satan
I’m broke
De tous ces titres (à part les reprises) seul Speed Hog Killer survivra au répertoire,
les autres s’effaçant naturellement au profit de nouvelles compos plus pêchues et pertinentes, d’autres titres des débuts ne verront pas la scène tels Lunatic Asylum
ou Returning Arrow.
Toujours dans l’optique d’être le plus indépendants possible, de pouvoir jouer partout où c’est possible en ayant un son à la
hauteur de la PUISSANCE de leur music, les membres de Soggy décidèrent d’unir leurs finances et d’acheter une sono professionnelle ! Ce sera
fait au Salon de la Musique 79 avec l’acquisition d’une sono Peavey et ce sera l’occasion d’étoffer l’équipe technique avec l’arrivée d’Eric « Gilbert »
Detroux en tant que sonorisateur.
L’automne 79 est riche en évènements, en montée en puissance, en début de notoriété locale, , c’est aussi le moment que
Norbert drapé dans son manteau en peau de loup, tel un cosaque des steppes rémoises, un boyard champardenais, décide de pousser le groupe à faire ses
premiers pas en studio.
Là aussi l’offre est des plus restreinte, heureusement Philippe Bulot a eu la bonne
idée de créer le Studio Leslie à Reims et c’est là que s’effectueront les premières prises de l’énergie rauque et
pesante de Soggy.
Parmi les morceaux enregistrés lors de cette session, figure en bonne place une version de 47 Chromosomes
future face B du mythique 45T Wating for the War/47 Chromosomes.
C’est ce titre que vous pouvez découvrir aujourd’hui avec en prime un montage de photos « live » du groupe et de sujets
illustrant le propos de la chanson :
46 chromosomes baby you’re normal
48 chromosomes baby you’re an animal
Nothing of that concerns me
cos' I stand in the middle
Le titre est inspire du Mongoloïd de Devö sur lequel flashaient Olivier et
François « truman » Alvarez barrés qu’ils étaient dans une vision Adrienne d’un monde rempli d’oumlaouts.
Voilà 30 ans (10 fois Alvin) après cette version brute d’un des titres phares de Soggy qui portera bientôt le feu du rock heavy/garage dans l’hexagone et alentours à l’aube des années 80 et du règne de la duplicité miterrandienne.
Blue Oyster Cult, Dr Feelgood (feat Wilko Johnson !), Status Quo, Little Bob Story, Clash, Rory Gallagher, Van Halen, Scorpions,
Jam…voici les groupes nationaux et internationaux que l’associationMusic Action Reimsprésidée par le sémillantGérard Drouotet l’ineffableJean Hugues Feugasfaisaient venir à Reims dans la foulée du fameux concertNico/Tangerine Dreamà la Cathédrale
de Reims…
Quelle occaz’ de se défouler que ces concerts ! C’était le rendez vous incontournable, avec ceux qui y étaient et les autres, c’était une façon de
toucher le rêve, de le rendre réel dans cette atmosphère magique de son amplifié, de light show, d’odeurs de sueur, de patchouli, de bière et de quelques pétards.
Ouais c’était la possibilité de vérifier que tous ces zicos étaient fait de chair et de sang, de mater leur jeu de scène, de piquer des plans de gratte
ou la façon de faire tournoyer les baguettes…source d’inspiration, d’identification, cours en accéléré avec des profs au top…et des journées passées à « refaire le match » de chacune
des prestations en réécoutant les LP.
En plus à partir de 76/77 le gros bordel punk commençait à envoyer des signaux depuis Londres et à New York des mecs jouaient au CBGB’s des titres de
2’30 en se référant auxStoogeset auMC5… !!
Alors oui, tout sembla possible et il était temps de sortir de son antre et de se rendre dans un local plus ou moins improvisé pour commencer à crever des peaux, maîtriser
des 6 cordes, martyriser des micros.
Même en répet, Beb pouvait être impressionnant
tBebet son acolytePascal
« packa » Poudrastrouvèrent une salle désaffectée dans les anciens entrepôts des Docks Rémois et passèrent une annonce pour trouver des
« gars sérieux et motivés » pour les rejoindre. Packase mit à la batterie et trouva le nom deWomen Bleed(only ?) pour cette première tentative, Frankie
Coutelet(guitar) etPhil Dandrimon(bass) répondirent à l’annonce et
les répets devinrent de véritable concerts sauvage, avec unBebqui ne canalisait pas encore sa formidable
énergie et s’ingénia à « détruire » un pylône en béton malencontreusement placé au milieu de la salle.
Olivieraussi décida de se défouler sur l’étrange instrument qu’est une batterie, il passa vite du
garage de ses parents à l’entrepôt ouPhil « Dave Brock » Marcelle(guitare, chant, claviers,
bidouillages) etThierry « Tds » Cornelis(bass et binouze) répétaient comme des forcenés sous le nom
deHard Fuckers.
PourFrançoisla zique c’était déjà une longue histoire, parsemée de
groupes plutôt hard/progressif avec une tendance à se référer de façon décalée à une iconographie bien anticléricale, souvenir pour certains de passage douloureux à la vénérable institution
dégoulinante de jésuitique de St Jo :Astaroth, Antéchrist…ou les ravages causés par Tubular
Bells !
Les complices deFrançoisétaientEric « gilbert » Detroux(batterie),Guillaume « guigui »
Corgié(claviers),Patrice « cheyenne » Philippe(guitare -
Antéchrist),Jean Michel « bichon » Hannon(guitare – Anthechrist) etSylvain Frelin(Guitare – Astaroth).Françoisparticipera aussi àGBOetPro-Mazouttoujours avec le noyauGilbertetGuigui.
Ericserale dernier à se lancer dans l’aventure des groupes et ce sera
plus un grupetto avecJean Marieà la batterie,Titi
Cornelisparfois à la basse, un imposteur se faisant passer pour le fils du chef d’orchestre Pierre Porte (chef d’orchestre chez le ci-devant Jacques
Martin) au chant. C’était plutôt pourEricl’occaz de se faire la main sur sa Guild qui donnera ensuite aux
premiers titres deSoggyleur son distinctif.
EtSoggy ?EtSoggy ?Voilà ils arrivent.
L’aura et la personnalité deBeb firentque les répets deWomen Bleeddevinrent des mini concerts, des rendez vous de la clique rock’n’roll rémoise, mais ses zicos n’étaient
finalement pas suffisamment « stoogiens » et l’idée commença à germer de faire un groupe avec des gars hyper motivés pour aller le plus loin possible dans la voie d’un rock radical et
énergique.
A ce jeu,Olivier « drummer » Hennegravesera le
1er lauréat,Packadevenant illico roadie/éclairagiste ; puis le talent brut et les folles
chevauchées d’arpègesd’Eric « guitarman » Darsseront convoquées pour donner du tranchant à
l’ensemble.
Mais rien ne vaut un bon duo basse/batterie pour donner une assise solide, une base rythmique lourde et profonde à un groupe. Ce sera la mission
deFrançois « bassman » Tailleurde venir discipliner le jeu parfois trop débridé deSoggy, à partir
de cette arrivée CRUCIALE le groupe pourra commencer à composer, à bâtir un répertoire avec des bases musicales solides
Une photo des débuts de Soggy avec de g à d : François, Beb, Eric, Olivier
En c’temps là, pas facile de se brancher sur de la bonne zique ! Surtout que les goûts, la « conscience » musicale des
futurs membre de Soggy s’est développée dans la prime adolescence vers 73/75…alors imaginez un peu le désert : pas de radios FM ! Pas
encore les Enfants du Rock , juste ces bons vieux
Maritie & Gilbert Carpentier ! Pas d’internet bien sûr ! Alors on fait comment ? C’est koi les sources d’information musicales ?
La presse bien sûr ! Avec en tête de liste Best et Rock’n’Folk attendus dans une ferveur messianique chaque mois.
Les potes, le bouche à oreille, « p’tain mon frangin m’a fait écouter Ten Years After, Alvin Lee c’est le guitariste le plus rapide du
monde, tu vas voir ». Parfois des incursions en England d’où on ramenait religieusement des vinyles pas encore sortis – ou carrément inconnus, encore mieux – et des tshirts, précieux signes
d’appartenance, essentiels au look.
Les vendeurs de disques, eux avaient le savoir, la matière, connaissaient les envies de leurs clients, enfin des adultes qui
parlaient le même langage, qui exposaient à notre envie tout un tas de 33T qu’il faudrait économiser pour se les offrir, attendre l’anniversaire ou Noël en salivant devant la pochette.
Gloire soit rendue à Alain de La Clé de Sol pour son boulot impeccable durant ces
années.
Enfin un personnage incontournable, le Découvreur, l’Initiateur, celui qui trouvait les perles rares avant les autres, qui avait des
avis tranchés sur les groupes « c’est d’la merde », ultime arbitre de ce qu’il fallait ou non écouter. Beb était l’un de ces Grands Frères
qui allait transmettre à Olivier, Eric et quelques autres sa passion du rock high energy, du Raw
Power, de l’Ig dont les posters tapissaient son antre. Photos brutes, violentes,
jamais vues du rock’n’roll ultime, de l’artiste maudit qui risquait jusqu’à son intégrité physique pour faire triompher sa musique, Phantom of the Paradise faustien dans son combat contre les
puissances de la mièvrerie et de la mollesse qui polluaient les ondes radios.
Malgré, grâce a ?, ces difficultés les membres de Soggy se sont abreuvés sans
modération de rock, de rock et de rock durant ces années de « formation », ce sont les influences de chacun des membres du groupe que l’on retrouvera plus tard dans le son
définitivement original qu’ils auront su faire naître
Fun House : l'album du SIECLE !
Beb : IGGY & THE STOOGES bien sûr, mais aussi le MC5, Amboys Dukes
(1er groupe de TED Nugent), Frost (1er groupe de Dick Wagner), Alice Cooper, Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple (RITCHIE !), les Stones, Ten Years After et tout
ce que le rock a produit de SERIEUX !!
A noter que le nom de David Bowie était proscrit en présence du Beb, il était reproché au dandy from Mars d’avoir perverti l’Ig et
SURTOUT d’avoir écarté Ron Asheton et favorisé la séparation du groupe post Raw Power.
Olivier : sévèrement secoué par le Glam le drummer ne jurait que par Slade,
Sweet, T.Rex, Kiss, Roxy Music mais aussi tout le hard de Led Zep à Van Halen en passant par le blues rock de Johnny Winter ou le boogie psychédélique d’Hendrix.
Olivier sera aussi celui le plus touché par le punk rock avec les Ramones, Eddie & the Hot Rod et autres Damned.
Avide découvreur il ne rejetait pas l’électronique des Schulze, Tangerine Dream ou Vangelis.
Ses ennemis : Stones et Beatles renvoyés dos à dos et surtout le rock baba symbolisé par Yes et autres Genesis…
Eric : dans la course aux armements de la nouveauté guitarman sera souvent le
plus prompt, AC/DC ou 38 Special il sera le 1er à se dégraisser les oreilles avec, ZZ Top et tout le rock sudiste, Uriah Heep, Nazareth, Kiss, Angel, Blackfoot.
Du mélodique, du grandiose, voilà ce qui excitait Eric, lui aussi ne dédaignait pas quelques échappées dans les mondes électroniques
naissants et (chut !) avait une sympathie manifeste pour Bowie et son Ziggy.
Eric ne supportait pas le bancal, le brinquebalant, le boogie woogie, bref le rock approximatif et mal léché.
François : le plus « classique », le plus musicien, ses modèles
sont Deep Purple, Blue Oyester Cult, Black Sabbath, Creedence Clearwater Revival, Rush…que du lourd avec un gros son, des gars qui savent jouer quoi !
Plus tard François développera aussi un amour pour Motorhead (un bassiste comme leader !) et son look extrême.
Pour François un seul ennemi : l'anti pêche ! il fallait que ça claque, que ça rolle grave, et "bollocks to the others"
Hormis ces sources, il faut ajouter l’importance des films qui répandaient l’image et l’imagerie rock’n’roll, films musicaux avec Monterrey
Pop ou Welcome to my nightmare et même Woodstock ; films avec et sur la musique Rocky Horror Picture Show, Phantom of the Paradise, Tommy. Films rocks dans leur essence même avec Orange
Mécanique, Des Fraises et du Sang, Point Limite Zero…
Et surtout le plus puissant des déclencheurs, les CONCERTS, car malgré le manque d’infrastructures, de subventions, un paquet de groupes de
niveau international passaient à Reims…pour avoir la liste et l’impact sur nos zicos en devenir, prenez un ticket pour l’article de la semaine prochaine !!
LLa pochette intérieur la plus flashante de l'histoire du rock ! Matez le tapis et le regard charbonneux de l'Ig...yeah Feel loose
?
Que s'est il passé en mai 68 vers la rue Libergier à Reims ?
Cette artère majestueuse, autrefois parcourue par les cortèges royaux en quête de la légitimité du Sacre. a vu ses pavés déboulonnés par les manifestants contre le 1er souverain/républicain, ça
volait bas d'autant que les gaz lacrymo perturbaient la visée des braves chevelus. Et l'inévitable se produisit, 3 gamins se prirent des pavetons sur la tronche et devinrent aussitôt des dommages
collatéraux. Un 4ème mioche, résidant derrière la cathédrale reçu lui aussi sa ration par un fourbe ricochet.
CRS en
action
Est ce le pavé ? en tout cas depuis ce jour le placide petit Patrick Bertrand décida de
s’appeler Beb et de consacrer sa vie au rock, il ne s'exprimait d'ailleurs plus qu'en américain avec un accent en
provenance direct de Detroit...
Pour les autres les symptômes paraissaient de prime abord moins aigus, il faut dire que c'étaient déjà des furieux, des agités notoires qui foutaient le bronx partout où ils passaient - c'est à
dire où ils pouvaient encore entrer !
Cette intro humoristico-historique pour dire que bien sûr les 4 futurs membres de
Soggy n'avaient aucune prédestination à devenir
les membres d'un des plus authentiques et furieux combo "Garage" que la France aie connu.
Nous ne saurons jamais précisément ce qui a poussé 4 rejetons de la "middle class" des années 60 à se trouver comme modèles, comme étalons, leurs semblables à peine plus âgés du Michigan, de
Sheffield ou d'ailleurs.
Il fallait que la soupape pête ! Le truc de Beb, François, Olivier et Eric, et de tous les autres membres de la "bande à Soggy;
c'était à la base la provoc' plus que la révolte véritable, c'était kick out the jams, faire bouger, faire réagir les gens, leur faire s'arracher le masque du conformisme
plan plan et de tous les ismes possibles.
Si le gros chahut de mai 68 avait été politisé, le souk que voulaient mettre nos rockers ne l'était pas, ils ne se sentaient pas concernés par une idéologie, même Sex &
Drugs & Rock'n'roll ne trouvait pas grâce à leurs yeux : c'étaient - surtout Beb - des gars sains et vigoureux. Avant le rock, il
y aura une autre forme de déviance 70's, le foot, le foot des beatnicks de l'Ajax, du Beatle rouge de Manchester, c'est en fait près d'un terrain de foot que Beb, Eric et Olivier
commencèrent à échanger, avec comme trait d'union un personnage haut en couleurs Norbert "roumain" Prunier aka Norman Plumtree aka Norberto
Ciruello aka mon nom se traduit dans toutes les langues (huuum !) et je parle avec les mains...